Ma recherche de doctorat

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La recherche explore les liens entre exclusion sociale, dépendance automobile et politiques publiques pour les ménages non motorisés potentiellement socialement exclus. Au carrefour de la sociologie urbaine, de la politique publique et de la géographie des transports, elle compare des régions en Amérique du Nord et en Europe, avec deux études de cas : Québec au Canada et Strasbourg en France.


Combinant des outils qualitatifs et quantitatifs (méthode mixte), j’examine les interactions de diverses politiques, la dépendance automobile, l’urbanisme et l’aménagement affectant l’exclusion sociale liée à la mobilité. J’accorde une attention particulière aux différences de genre.


L’analyse est basée sur les données officielles d’enquêtes origine-destination, d’entretiens semi-directifs avec des ménages non motorisés et des fonctionnaires ainsi que des documents de politiques publiques.


La plupart des facteurs causant l’exclusion sociale sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique. L’exclusion sociale liée à la mobilité peut être associée au fait de devoir trouver une alternative à la voiture, afin d’atteindre des destinations plutôt inaccessibles. Devoir s’appuyer sur le bus avec tous ses inconvénients ; attendre longtemps, partir tôt lors de sorties en soirée et faire de nombreux détours au lieu d’utiliser un itinéraire direct participent au sentiment d’exclusion.


Les participants socialement exclus ont également mentionné se sentir laissés à l’écart du processus politique et de consultations publiques. Certains, surtout en France, se sentent également exclus car ils n’ont pas de permis de conduire. Les participants ont aussi révélé que l’agressivité de certains automobilistes et leur refus de partager la route avec les utilisateurs de mobilité alternative étaient facteur d’exclusion sociale. Enfin, le jugement d’autrui qui, ne comprenant pas comment on peut vivre sans voiture, ou pensant qu’ils n’avaient pas de voiture à cause d’une conduite en état d’ivresse ou qu’ils étaient trop pauvres pour s’en payer une, entraîne également une exclusion sociale.


Les participants de ménages non motorisés ont souvent estimé que la possession d’une voiture avait une répercussion négative sur leur indépendance, car la voiture vient avec des charges financières, des réparations et des frais d’entretien réguliers. Ils se sont révélés libérés de ces fardeaux ainsi que des contraintes logistiques comme la recherche d’un lieu de stationnement, le déplacement de la voiture pendant le déneigement, présentant un point de vue rarement exploré dans la littérature.


Les fonctionnaires considèrent qu’une partie de la population dépend de la voiture, rendant difficile la mise en œuvre de mesures restrictives. Les principaux défis soulevés par les fonctionnaires sont l’étalement urbain et les aspects politiques liés à l’urbanisme.

Les politiques mises en place pour traiter les transports et l’exclusion sociale comportent trois séries distinctes de discours. Elles abordent des aspects sociaux, la mobilité et l’aménagement du territoire ou des aspects légaux. Chaque ordre de gouvernement fait également preuve d’un accent différent, mais la dépendance automobile en soi reste presque absente des politiques publiques et la plupart des facteurs d’exclusion sociale liée à la mobilité ne sont pas directement pris en charge.

Mot-clés : dépendance automobile, politiques publiques, exclusion sociale, ménages non motorisés, lexicométrie, analyse de discours

Mon projet de recherche de maîtrise

Afin de comprendre pourquoi tous les nouveaux projets de tramways en cours de développement au Canada sont réalisés en mode partenariat public-privé (PPP) plutôt que grâce au mode traditionnel (gestion publique) utilisé par le passé, cette recherche porte sur trois projets de tramways présentement en cours de réalisation (Edmonton, Ottawa et Toronto). À l’aide de trois études de cas, nous explorons l’argumentaire entourant chacune des décisions menant au choix du mode de gouvernance PPP ainsi que la forme prise par ce PPP. Nous démontrons que dans tous les cas, il est possible d’observer les mécanismes du transfert de politique, tant volontaire que coercitif. Nous croyons que le transfert de politique peut donc fournir un élément de réponse à notre question. De plus, l’argumentaire utilisé par les acteurs locaux pour justifier le choix du mode PPP, bien que semblable sur plusieurs points, comporte tout de même une combinaison de justifications unique à chacun des cas, ce qui nous laisse croire que le PPP est un instrument de politique polyvalent. Ces constats démontrent l’intérêt de prendre en considération les transferts de politique au niveau municipal et non seulement les transferts qui prennent place entre les États nationaux.