Projets de recherche financés

PASA-GES: Exploration du potentiel des alternatives à l’auto-solo pour réduire les GES

par Bobin Wang (chercheuse principale, GMC ULaval), Owen Waygood (Polytechnique Montréal), Zachary Patterson (Université Concordia), Geneviève Cloutier (ÉSAD, ULaval), Dominic Villeneuve (ÉSAD, ULaval); subvention, FRQNT, 353 060$, 2022-2024.


La Ville de Québec met en œuvre le plus grand projet de son histoire, soit le réseau structurant de transport en commun. Sur un parcours de 19 km, un tramway moderne et 100 % électrique constituera l'épine dorsale d'un réseau de transports en commun amélioré. Fréquent, sécuritaire et confortable, le tramway offrira une alternative de transport attrayante et durable. À terme, le réseau structurant de Québec constituera un système multimodal intégré combinant les bus, le tramway, les vélos, les automobiles (électriques), etc., et plusieurs fournisseurs de services, offrant une réelle mobilité urbaine intégrée, ou Mobility As A Service (MaaS).


Toutefois, l'automobile demeure le mode de transport dominant à Québec. En outre, on sait encore peu de choses sur les perceptions et les préférences de choix et de modes des usagers. Dans ce contexte, le présent programme de recherche vise à mieux comprendre, par leur modélisation, ce que les changements vers une mobilité durable à Québec peuvent entraîner comme défis et comment les relever. En plus d’aider la Ville de Québec, partenaire du projet, à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de GES à moyen et long termes, notre programme favorisera la mise en œuvre d’un système de transport multimodal durable.


Le lot de travaux 1 porte sur la mobilité en lien avec le nouveau tramway. Il porte sur la prévision de la demande de déplacements et l’évaluation des émissions de GES. Dans un premier temps, nous élaborerons une méthode d'enquête novatrice, comparant sondage textuel, sondage visuel simple et sondage visuel sophistiqué afin d’augmenter la précision de la prédiction des choix individuels de déplacements. Dans un second temps, la demande des voyageurs et leur appréciation du tramway seront analysées. Différents modèles économétriques et statistiques serviront à comprendre les facteurs favorables au passage de la voiture à une nouvelle mobilité durable et à prédire le transfert modal. Enfin, nous réaliserons une analyse du cycle de vie des émissions de GES associées au réseau multimodal intégré incluant le tramway. Des analyses par scénarios seront effectuées pour appuyer la prise de décision favorable à la réduction des émissions de GES.


Le lot de travaux 2 porte sur la part de marché potentielle du bouquet MaaS. Ce lot est également divisé en plusieurs projets. En tenant compte des préoccupations, des obstacles et des opportunités propres au contexte de la Ville de Québec, nous développerons d’abord un cadre conceptuel original et adapté de MaaS capable de soutenir l'écosystème. Ensuite, nous développerons des modèles de comportements avancés pour comprendre les choix faits par les voyageurs et la probabilité qu’ils utilisent la MaaS, en fonction de différentes variables (genre, âge, localisation, etc.). Enfin, nous étudierons les prévisions relatives à la demande de déplacement et des émissions de GES dans un contexte de MaaS à Québec.


Ce programme de recherche contribuera à l’atteinte des objectifs du Plan québécois pour une économie verte 2030. Ses résultats permettront de réduire les émissions de GES sans sacrifier l'accessibilité ni la durabilité de la mobilité.



PeFaDA: Pour en finir avec la dépendance automobile: Une revue exploratoire de la littérature par Dominic Villeneuve (chercheur principal), Jean Dubé, Alexandre Lebel, subvention, CRSH, 29 556$, 2021-2022


Cette revue exploratoire visera à dresser un portrait à jour de l’abondante littérature sur le transfert modal afin de la synthétiser et de la présenter de façon organisée. L’objectif principal est donc divisé en cinq sous-objectifs spécifiques liés aux défis du transfert modal, qui sont représentés dans la Figure 1 soit : i) les habitudes ancrées dans le quotidien des automobilistes; ii) les valeurs, les préférences, et les modes de vie; iii) l’impact de leviers économiques comme la tarification des transports en commun ou des externalités de l’automobilité ; iv) les effets de l’offre de transport en commun et de la distribution spatiale de ses infrastructures; et v) les effets liés à l’aménagement du territoire et aux localisations résidentielles.


PIRAMIDES, un Partenariat Interdisciplinaire de Recherche-action en AMénagement et en aIde à la Décision pour l'Équité Sociale: de la formation interdisciplinaire à l'intervention intersectorielle avec Alexandre Lebel (chercheur principal), Etienne Berthold, Sophie Dupéré, Isabelle Goupil-Sormany, Roxane Lavoie, Manuel J. Rodriguez, Dominic Villeneuve, subvention, FQRSC, 280 000$, 2021-2025.


Intégration du RSTC et du processus du BAPE pour le tramway de Québec dans le cours AME-6501 à distance, en remplacement d'activités nécessitant le présentiel

Dominic Villeneuve (chercheur principal), subvention, MITACS Inc., 6 000$, 2020-2021.


Villes-Régions-Monde

Sandra Breux (chercheuse principale), Priscilla Ananian, Philippe Apparicio, Gérard Beaudet, Hélène Bélanger, Etienne Berthold, Harold Bérubé, Laurence Bherer, Julie-Anne Boudreau, Manon Boulianne, Sinisha Brdar, Cédric Brunelle, Mario Carrier, Geneviève Cloutier, Marie-Soleil Cloutier, D. Dagenais, Claudine Déom, François Des Rosiers, Carole Després, Martin Drouin, Guillaume Ethier, Gabriel Fauveaud, Dany Fougères, Caroline Gagnon, Louis Gaudreau, Mario Gauthier, Pierre Gauthier, Annick Germain, Stephane Guimond-Marceau, Pierre J. Hamel, Thi-Thanh Hiên Pham, Yona Jébrak, Violaine Jolivet, Thomas-Bernard Kenniff, Mohamed Reda Khomsi, Danielle Labbé, Ugo Lachapelle, Virginie Lasalle, Anne Latendresse, Roxane Lavoie, Sébastien Lord, Nik Luka, Tania Martin, Nathan Mcclintock, Jean-Philippe Meloche, Jean Mercier, Sylvie Miaux, Dominique Morin, Richard Morin, Paula Negron-Poblete, Sylvain Paquette, Sophie Paquin, Michel Parazelli, Sylvie Paré, Florence PaulhIiac-Scherrer, Christian Poirier, Claire Poitras, François Racine, Shabnam Rahbar, Juste Rajaonson, Michel Rochefort, Manuel J. Rodriguez, Frank Scherrer, Georges A. Tanguay, Marius Thériault, Isabelle Thomas, Juan Torres, Fanny Tremblay-Racicot, Patrick Turmel, Geneviève Vachon, Sophie Van Neste, Marie-Hélène Vandersmissen, Dominic Villeneuve, Edward Owen Douglas Waygood, Pauline Wolff, subvention, FQRSC, 1 767 500$, 2020-2027.

Ma recherche de doctorat

Résumé de la thèse - Obtenir la thèse en PDF ici


La recherche explore les liens entre exclusion sociale, dépendance automobile et politiques publiques pour les ménages non motorisés potentiellement socialement exclus. Au carrefour de la sociologie urbaine, de la politique publique et de la géographie des transports, elle compare des régions en Amérique du Nord et en Europe, avec deux études de cas : Québec au Canada et Strasbourg en France.


Combinant des outils qualitatifs et quantitatifs (méthode mixte), j’examine les interactions de diverses politiques, la dépendance automobile, l’urbanisme et l’aménagement affectant l’exclusion sociale liée à la mobilité. J’accorde une attention particulière aux différences de genre.


L’analyse est basée sur les données officielles d’enquêtes origine-destination, d’entretiens semi-directifs avec des ménages non motorisés et des fonctionnaires ainsi que des documents de politiques publiques.


La plupart des facteurs causant l’exclusion sociale sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique. L’exclusion sociale liée à la mobilité peut être associée au fait de devoir trouver une alternative à la voiture, afin d’atteindre des destinations plutôt inaccessibles. Devoir s’appuyer sur le bus avec tous ses inconvénients ; attendre longtemps, partir tôt lors de sorties en soirée et faire de nombreux détours au lieu d’utiliser un itinéraire direct participent au sentiment d’exclusion.


Les participants socialement exclus ont également mentionné se sentir laissés à l’écart du processus politique et de consultations publiques. Certains, surtout en France, se sentent également exclus car ils n’ont pas de permis de conduire. Les participants ont aussi révélé que l’agressivité de certains automobilistes et leur refus de partager la route avec les utilisateurs de mobilité alternative étaient facteur d’exclusion sociale. Enfin, le jugement d’autrui qui, ne comprenant pas comment on peut vivre sans voiture, ou pensant qu’ils n’avaient pas de voiture à cause d’une conduite en état d’ivresse ou qu’ils étaient trop pauvres pour s’en payer une, entraîne également une exclusion sociale.


Les participants de ménages non motorisés ont souvent estimé que la possession d’une voiture avait une répercussion négative sur leur indépendance, car la voiture vient avec des charges financières, des réparations et des frais d’entretien réguliers. Ils se sont révélés libérés de ces fardeaux ainsi que des contraintes logistiques comme la recherche d’un lieu de stationnement, le déplacement de la voiture pendant le déneigement, présentant un point de vue rarement exploré dans la littérature.


Les fonctionnaires considèrent qu’une partie de la population dépend de la voiture, rendant difficile la mise en œuvre de mesures restrictives. Les principaux défis soulevés par les fonctionnaires sont l’étalement urbain et les aspects politiques liés à l’urbanisme.

Les politiques mises en place pour traiter les transports et l’exclusion sociale comportent trois séries distinctes de discours. Elles abordent des aspects sociaux, la mobilité et l’aménagement du territoire ou des aspects légaux. Chaque ordre de gouvernement fait également preuve d’un accent différent, mais la dépendance automobile en soi reste presque absente des politiques publiques et la plupart des facteurs d’exclusion sociale liée à la mobilité ne sont pas directement pris en charge.


Mot-clés : dépendance automobile, politiques publiques, exclusion sociale, ménages non motorisés, lexicométrie, analyse de discours

Mon projet de recherche de maîtrise


Afin de comprendre pourquoi tous les nouveaux projets de tramways en cours de développement au Canada sont réalisés en mode partenariat public-privé (PPP) plutôt que grâce au mode traditionnel (gestion publique) utilisé par le passé, cette recherche porte sur trois projets de tramways présentement en cours de réalisation (Edmonton, Ottawa et Toronto). À l’aide de trois études de cas, nous explorons l’argumentaire entourant chacune des décisions menant au choix du mode de gouvernance PPP ainsi que la forme prise par ce PPP. Nous démontrons que dans tous les cas, il est possible d’observer les mécanismes du transfert de politique, tant volontaire que coercitif. Nous croyons que le transfert de politique peut donc fournir un élément de réponse à notre question. De plus, l’argumentaire utilisé par les acteurs locaux pour justifier le choix du mode PPP, bien que semblable sur plusieurs points, comporte tout de même une combinaison de justifications unique à chacun des cas, ce qui nous laisse croire que le PPP est un instrument de politique polyvalent. Ces constats démontrent l’intérêt de prendre en considération les transferts de politique au niveau municipal et non seulement les transferts qui prennent place entre les États nationaux.